Chapter 45 of 48 · Notions fondamentales d’Économie politique et programme économique by Gustave de Molinari
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION A L'ÉTUDE DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE
I. Les lois naturelles. Les lois de l'économie des forces et de la concurrence. Comment les lois naturelles pourvoient à la conservation des espèces inférieures et maintiennent l'équilibre entre elles. La concurrence entre l'espèce humaine et les espèces infèrieures. La concurrence entre les différentes variétés de la race humaine. Nécessité de la guerre et de l'esclavage. — II. La formation des États. Qu'ils se constituent et s'organisent sous l'impulsion des lois naturelles. Comment leur constitution et leur organisation politique et militaire se perfectionnent sous l'impulsion des mêmes lois. Organisation primitive de l'exploitation des pays conquis et des populations assujetties. Causes déterminantes des progrès de cette exploitation. La substitution du servage et de la sujétion à l'esclavage. Les communautés et les corporations. Conséquences de ces progrès. Les étapes de la servitude à la liberté. — III. Comment les progrès réalisés sous l'impulsion des lois naturelles ont agi pour mettre in à la guerre. Que les profits de la guerre sont d'abord illimités. En quoi consistent ces profits. Pourquoi la guerre entre les peuples civilisés était nécessaire. Comment elle a cessé de l'être. Conséquence des progrès du matériel et de l'art de la guerre. Reflux de la civilisation sur la barbarie. Insuffisance originaire de la concurrence productive. Comment elle est née et s'est développée de manière à remplacer la guerre comme moteur du progrès. Résultats comparés de ces deux modes d'opération de la concurrence. Les profits directs de la guerre. Qu'ills ont fini par faire place à une perte. Le bilan actuel de la guerre. Pourquoi la guerre entre les peuples civilisés a cessé d'avoir sa raison d'être. — IV. Que l'organisation politique et économique des nations, ainsi que leur politique exterieure et intérieure sont demeurées adaptées à l'état de guerre. Les servitudes politiques. Les servitudes économiques. Le système protocteur. Raison de l'établissement de ce système sous le régime de l'état de guerre. Ses effets utiles et ses effets nuisibles. Causes qui ont agi pour lui enlever sa raison d'ètre. L'internationalisation croissante des échanges. Comment elle assure la sécurité des approvisionnements. Que le systeme protecteur n'est plus qu'un obstacle au progrès. Pourquoi les institutions adaptées à l'état de guerre sont devenues nuisibles après avoir été utiles. — V. Causes de la prolongation artificielle de l'état de guerre. Les sentiments engendrés par l'état de guerre. Les intérêts. Bénéflces que la guerre n'a pas cessé de procurer aux classes gouvernantes, malgré les pertes qu'elle occasionne aux classes gouvernées. Pourquoi elle ne peut se perpétuer. Causes qui agissent pour y mettre fin. — VI. Le processus de la naissance et des progrès des sciences morales et politiques. Leur ordre chronologique naturel. La politique. La morale. Le droit des gens. L'économie politique. Causes déterminantes de leur éclosion et de leur progrès. — VII et VIII. L'économie politique et l'importance croissante de son rôle . . . . . . . . . . . . . . .. 1Edition: current; Page: [460]
- I.— LOIS ET PHÉNOMÈNES ÉCONOMIQUES
CHAPITRE PREMIER. — Les lois naturelles.
I. L'homme et ses éléments constitutifs. Le besoin. L'utilité. — II. La valeur. — III. La loi de l'économie des forces. — IV. L'association, la division du travail et l'échange. — V. L'échange. La loi de l'offre et de la demande. — VI. La concurrence. — VII. La loi de progression des valeurs . . . . . . . . 55
CHAPITRE II. — Le capital.
I. Les procédés et les agents de la production. L'association des forces productives et la division du travail. Le capital. — II. La genèse du capital. — III. L'entreprise: 1° La réunion du capital d'entreprise; 2° L'opération de la production; 3° Les frais de production et le produit net. — IV. Comment la production peut s'accroître . . . . . . . . . . . . . . ...... 71
CHAPITRE III. — Le capital personnel. — La production de l'homme.
I. Conditions économiques de la production de l'homme. La production des esclaves. — II. La production des hommes libres. — III. L'émigration et l'immigration. — IV. Les obstacles et les encouragements légaux à la production de l'homme. — V. Résumé et conclusion .............. 89
CHAPITRE IV. — Le capital immobilier. — La production de la terre.
I. La propriété fonclère est-elle légitime? — II. Les industries qui contribuent à la production de la terre. — III. La découverte. — IV. La conquête et l'occupation. — V. Le gouvernement et ses profits. — VI. Les profits futurs de la création d'un domaine territorial. — VII. Plus value et moins value: 1° La plus value; 2° La moins value. — VIII. Le processus de la création et du développement de la valeur foncière. — IX. La nationalisation du sol . . . 113
CHAPITRE V. — L'analyse de la production.
I. La production de l'homme et de la terre. — II. Les autres productions. — III. Les besoins. — IV. Les entreprises: 1° Leurs conditions naturelles d'existence; 2° Les formes et les dimensions des entreprises; 3° La quantité et les proportions du capital nécessaire aux entreprises; 4° Le rétablissement du capital . . . . . . . . . . . . . . ............. 136
CHAPITRE VI. — L'analyse de la production (Suite et fin).
I. Le produit brut, le produit net et le profit. — II. L'accroissement et la diminution de la production. — III. L'équilibre de la production et de la consommation. — IV. Résumé du processus de la production. La gravitation économique . . . . . . . . . . . . . . ........... 155
CHAPITRE VII. — La distribution. — La part du capital mobilier.
Résumé de l'analyse de la production. — Que les lois naturelles déterminent la distribution utile des produits. — Équivalence de l'emploi des capitaux. — Le taux nécessaire de la rétribution du capital mobilier. — La privation et le risque. — Les capitaux immobilisés et les capitaux mobilisables. — Le taux courant. — L'offre et la demande. — Causes qui déterminent le montant de Edition: current; Page: [461] l'offre. — L'accroissement de la production des capitaux. — L'extension et l'unification des marchés. — La gravitation du taux courant vers le taux nécessaire. — Raison d'ètre de l'intèrêt. — Origine du préjugé contre le prêt à intérêt. — La fonction du capitaliste .............. 171
CHAPITRE VIII. — La distribution. — La part du capital immobilier.
I. La rétribution du capital immobilier sous forme d'immeubles bâtis. Que la location n'implique pas la vente. Que l'amortissement s'ajoute au loyer et se proportionne à la durée de la propriété immobilière. — II. La rétribution du capital immobilier sous forme d'agents naturels appropriés. Causes qui abaissent le taux courant de cette rétribution au-dessous du taux nécessaire et qui l'élèvent au-dessus. Les éléments de la rétribution du capital-terre. La rétribution de l'association ou de l'État producteur d'un domaine territorial. La colonisation d'État Le système colonial. Pourquoi la production des domaines territoriaux doit être abandonnée a l'industrie privée La rétribution des intermédiaires de la propriété foncière. Le commerce des terres. Utilité de la spéculation. — III. La naissance et l'accroissement du revenu du propriétaire foncier. La théorie de la rente. Que la part de la terre est incessamment ramenée à son taux nécessaire. — IV. Résumé ........... 185
CHAPITRE IX. — La distribution. — La part du capital personnel.
I. Les frais de production du travail. La hiérarchie naturelle des fonctions productives. Que le progrès industriel a pour effet d'élever les frais de production du travail. — II. La part proportionnelle des profits afférents au travail. Le prix courant du travail. Analyse d'une entreprise. — III. La rétribution du capital d'entreprise et celle du capital d'exécution. Causes de l'abaissement du taux courant des salaires au-dessous du taux nécessaire. Comment il peut y être remédié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
CHAPITRE X. — La consommation.
Objet de la consommation. — La conservation et l'accroissement du capital — La reconstitution du capital personnel. Comment elle s'opère par le partage entre les besoins actuels, les besoins futurs et le besoin de reproduction. — La reconstitution des capitaux immobiliers et mobiliers. — La consommation nècessaire du propriétaire et du capitaliste ............ 222
CHAPITRE XI. — La propriété et la liberté. — Accord de l'économie politique avec la morale.
Que chaque espèce remplit une fonction nécessaire. — Que la nature assure la conservation et le progrès des espèces au moyen des lois de l'economie des forces et de la concurrence. — Que ces lois sont universelles. — La sphère d'activité des espèces inférieures et celle de l'homme. — Que l'animal ignore les lois naturelles tandis que l'homme peut les connaitre et régler sa production et sa consommation de manière à acquérir un maximum de forces vitales en échange d'un minimum de dépense. — Conditions nécessaires pour atteindre ce but — Le respect de la propriété et de la liberté d'autrui. — L'usage utile de la propriété et de la liberté. — L'accomplissement des devoirs. — Les obstacles à l'accroissement de la production des forces vitales. — Les obstacles provenant du milieu. — Les obstacles provenant de l'homme. — Déperditions de forces causées par les atteintes au droit et le non accomplissement des devoirs. — Le gouvernement de l'homme par lui-même. — Qu'il doit s'accorder avec les lois naturelles. — Objet de l'économie politique. La connaissance des lois naturelles et des phénomènes qui se produisent sous leur impulsion et sous celle des obstacles qui contrarient leur opération. — Objet de la morale. La connaissance du Droit et du Devoir . . 232Edition: current; Page: [462]
CHAPITRE XII. — L'organisation naturelle des sociétés. Les lois positives et les lois naturelles.
Que les sociétés primitives se sont constituées sous l'impulsion des lois naturelles de l'économie des forces et de la concurrence. — Nécessité des coutumes et des lois positives. — Les coutumes et les lois politiques ont pour objet la constitution du gouvernement de la société. — Les coutumes et les lois morales et économiques règlent la conduite utile de ses membres. — Comment se constitue le gouvernement et se réglent ses rapports avec les membres de la société. — Comment s'établissent les règles du droit et du devoir. — La tutelle. — Les sanctions des règles établies. — L'opinion. — Les lois pénales. — La sanction religieuse. — Que les lois positives sont plus ou moins utiles selon qu'elles se rapprochent ou s'écartent de la loi naturelle de l'économie des forces, et qu'elles progressent sous l'impulsion de la concurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ......... 217
- II.— PROGRÉS ET OBSTACLES
CHAPITRE PREMIER. — La localisation naturelle de la production. — Le libre échange.
La diversité du sol, du climat, des aptitudes, cause déterminante de la localisation naturelle de la production. — Obstacles qu'elle rencontre dans le milieu et dans l'homme. — Obstacle provenant de l'état de guerre. — Progrès qui ont contribué à crécr et à étendre le commerce international. — Causes qui ont détermine le maintien des obstacles dont l'état de guerre avait nécessité l'établissement. — L'intérêt fiscal. — Limite naturelle des droits fiscaux. — L'intérêt protectionniste. — Les industries qui exploitent exclusivement le marché intérieur. — Les rings et les corners. — Les industries d'exportation. — Dommage que leur cause la protection. — Leur exclusion inévitable du marché universel. — Conséquences de cette exclusion. — Que l'homme est libre d'obéir ou non aux lois naturelles, mais qu'en leur désobéissant il s'expose à une pénalité certaine. — Les pertes temporaires causées par la suppression des obstacles aux échanges. — Les compensations de ces pertes. — Nécessité vitale de la suppression des douanes au double point de vue de l'intérêt particulier des nations et de l'interêt général de l'espèce. — Causes qui la retardent . . . . . . . . . . . . . . .............. 261
CHAPITRE II. — Les progrès de l'outillage et des procédés de la production.
Que les progres de l'outillage et des procédés de la production sont subordonnés à l'étendue du marché. — Comment l'extension du marché ou l'augmentation de la capacité de consommation suscite le progrès en le rendant profitable. — Causes naturelles et artificielles de la limitation de la capacité de la consommation sous le régime de l'état de guerre. — Comment elle s'est accrue et a provoqué une demande de plus en plus active du progrès industriel. — Que les inventions se sont multipliées à mesure qu'elles sont devenues plus productives. — Que l'industrie de l'invention s'est perfectionnée en se spécialisant. — Nécessité de la garantie de la propriété des inventions. — Limite naturelle du progrés industriel .............. 273
CHAPITRE III. — Le progrès de la constitution des entreprises.
Comment la pression de la concurrence agit pour déterminer le progrès de la constitution des entreprises — L'entreprise individuelle et la corporation. — Raison d'être du régime des corporations. — Vice de ce régime. — En quoi l'abolition des corporations a été défectueuse. — La protection de l'entreprise Edition: current; Page: [463] individuelle. — Que l'entreprise individuelle a cessé d'ètre adaptée aux conditions actuelles d'existence de la production. — Son imperfection et son insuffisance croissante. — La société impersonnelle à capital mobilisable. — En quoi elle est plus économique que l'entreprise individuelle. — Obstacles que les législations protectrices des entreprises individuelles opposent à son perfectionnement. — Qu'elle n'en est pas moins destinee à remplacer l'entreprise individuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282
CHAPITRE IV. — L'abaissement de la rétribution nécessaire du capital d'entreprise.
Le capital d'exécution et le capital d'entreprise. — En quoi ils consistent. — Comment leur rétribution peut être réduite. — Que cette réduction ne dépend que pour la plus faible part de l'entrepreneur d'industrie. — Progres qui la déterminent. — Comment la quantité nécessaire du capital d'entreprise peut ètre diminuée, sa puissance augmentée et sa rétribution abaissee. — La diminution de l'avance et l'abaissement des risques. — Limite naturelle de la réduction des frais du capital d'entreprise .............. 290
CHAPITRE V. — L'abaissement de la rétribution nécessaire du capital d'exécution.
Comment le progrès agit pour diminuer la rétribution nécessaire du capital d'exécution. — Changement qu'il opère dans la proportion du personnel et du matériel des entreprises. — Qu'en diminuant la quantité du personnel, il en éleve la qualité et la rétribution nécessaire. — Qu'il améliore, en conséquence, la condition des travailleurs. — Qu'il peut aussi la rendre pire. — Dans quel cas. — Erreur des socialistes à cet égard. — Que la suppression du salariat ne remédierait pas au mal de l'avilissement de la rétribution du travail. — Raison d'être du salariat. — Comment les frais d'avance et d'assurance que rembourse le salarié peuvent être réduits — La mobilisabilité des capitaux et le marchandage. — Causes pour lesquelles la classe ouvrière n'a pas bénéficié du progrès industriel autant qu'elle l'aurait dῦ. — Son incapacité dans la gestion du capital personnel. — La gestion de ce capital sous le régime de l'esclavage et sous le régime de la liberté — Nuisances particulières et générales causées par la mauvaise gestion du capital personnel. 299
CHAPITRE VI. — L'accroissement de la mobilisabilité des produits.
Diminution successive des frais de production jusqu'à la limite naturelle du progrès. — Que les frais de production ne sont qu'un point idéal vers lequel le prix courant gravite. — Condition nécessaire de cette gravitation. — La mobilisabilité des produits. — Le commerce. — Comment le commerce s'est spécialisé et étendu dans l'espace et le temps. — Progrès qui ont contribué à son extension. — La publicité commerciale. — Les frais de transport des produits dans le temps. — La spéculation. — Son utilité. — Résumé de l'opération des lois naturelles pour déterminer l'équilibre de la production et de la consommation. — Progrès réalisés par la mobilisabilité des produits et l'unification des marchés . . . . . . . . . . . . . . ........ 312
CHAPITRE VII. — L'accroissement de la mobilisabilité des capitaux.
La demande des capitaux. — Leur provenance. — Leur mode de réalisation. — Le taux nécessaire de leur rétribution. — Le prêt des capitaux. — La limitation du taux de l'intérét. — Les intermédiaires et leurs fonctions. — Les instruments de la circulation et du crédit. — La monnaie réelle et la monnaie Edition: current; Page: [464] fiduciaire. — Le commerce de banque, agent de la mobilisation des capitaux. — Les marchés des capitaux. — Les capitaux immobilisés et les capitaux mobilisables. — La gravitation du taux courant vers le taux necessaire . . . . . . . . . . . . . . ............ 325
CHAPITRE VIII. — La mobilisabilité du travail et les causes qui l'entravent.
La mobilisabilité, condition de la mise en équilibre du prix courant du travail avec le prix nécessaire. — Insuffisance de la mobilisabilité du capital personnel. — Qu'elle a diminué par la substitution du servage à l'esclavage. — Le commerce des esclaves dans l'antiquité. — La situation du serf. — Celle du travailleur libre. — Obstacles à l'exploitation utile de son travail. — Inégalité originaire de la situation de l'ouvrier libre vis-à-vis de l'entrepreneur, causée par l'absence des intermédiaires. — Comment cette situation s'est amélioree. — Les coalitions. — Leurs avantages et leurs inconvénients. — Les unions et les syndicats. — La fonction nécessaire du commerce de travail. — Conséquences de son développement futur ............ 333
CHAPITRE IX. — Le bilan de l'émancipation des classes ouvrières.
La conservation du capital personnel sous le régime de l'esclavage. — L'insuffisance de la capacité de gestion de l'ouvrier libre. — Difficultés de la gestion du capital personnel. — Les obligations qu'elle implique. — Bilan de l'émancipation des travailleurs. — Que l'actif de ce bilan dépasse le passif. — Amélioration de la condition des ouvriers capables du self government. — Causes qui ont déprimé la condition des moins capables. — Le self government obligatoire et ses effets. — Le budget de l'ivrognerie. — Le dérèglement de la reproduction. — L'exploitation du travail des enfants et ses conséquences. — Nécessité d'une tutelie qui remédie au défaut de capacité de la gestion du capital personnel ............ 341
- III. — PROGRAMME ÉCONOMIQUE
CHAPITRE PREMIER. — Programmes et remèdes socialistes.
La crise actuelle et ses causes. — La demande des remèdes. — Vices des systèmes socialistes qui ont répondu à cette demande. — L'ignorance ou la négation des lois naturelles. — Points sur lesquels les socialistes s'accordent. — Points sur lesquels ils diffèrent. — Le socialisme d'État et ses facteurs. — La philanthropie. — Maux qu'elle a aggravés. — La croyance à la toute puissance de l'État. — L'extension de ses attributions. — L'infériorité de l'État en matière de production et de distribution. — Ce que produirait la substitution de l'État à l'industrie privée. — L'intervention de l'État. — La tutelle gouvernementale et ses vices. — L'assistance publique. — La responsabilité des accidents du travail. — L'assurance obligatoire. — La limitation de la journée. — Conséquences de l'application du socialisme ......... 355
CHAPITRE II. — L'objectif et le mécanisme de la production du progrès.
Objectif du progrès, — L'accroissement des forces vitales de l'espèce. — Mécanisme du progrès. — Que la sécurité est la condition nécessaire du progrès. — Comment elle s'est établie. — La concurrence politique et guerrière. — Ses effets. — Les progrès réalisés par la guerre. — La décadence de la guerre. — Résumé des causes de la prolongation de l'état de guerre. — L'extension des attributions de l'État. — Changement de l'objectif du progrés ..... 368Edition: current; Page: [465]
CHAPITRE III. — Programme économique.
Le libre-échange. — L'assurance contre la guerre. La simplification de l'Etat.I. La concurrence véhicule du progrès et régulateur de la production, de la distribution et de la consommation de la richesse. — Ne peut remplir ce double rôle qu'à la condition d'être libre. — Obstacles naturels au libre-échange. — Progrès qui ont contribué à les aplanir. — Exhaussement des obstacles artificiels. — Explication de cette contradiction. — L'intérêt fiscal et l'intérêt protectionniste. — Progrès qui ont augmenté les profits de la fiscalité et de la protection. — Puissance actuelle des intérêts fiscaux et protectionnistes. — Faiblesse et désunion de leurs adversaires. — Progrès qui agissent en faveur du libre-échange. — L'accroissement du marché général. — La nécessité vitale de l'abaissement des prix de revient. — Que le libre-échange s'impose aux nations concurrentes sous peine de ruine. — II. Comment pourra s'établir l'assurance contre la guerre. — Le Droit des gens et ses progrès. — Le Droit des neutres. — Droit et intérêt des neutres à empêcher la guerre. — Conséquences d'une assurance contre la guerre. — III. Les attributions nécessaires de l'État. — Progrès qui ont permis de les diminuer. — Causes qui ont empêché leur diminution. — Charge qu'elles infligent et nuisances qu'elle déterminent. — L'état-gendarme . . . . . . . . . . . . . . ... 381
CHAPITRE IV. — L'unification des marchés. — La mobilisation du travail.
La tendance à l'unification des marchés des produits et des capitaux, en dépit des entraves, servitudes et charges, issues de l'ancien régime. — L'impersonnalisation des prix. — Les marchés régulateurs. — La formation des prix sur un marché limité et sur un marché illimité. — La tendance à l'équilibre du prix courant au niveau des moindres frais de production. — Les causes qui retardent les progrès de la production et troublent la distribution. — La limitation des marchés du travail. — Ses effets sur la condition des ouvriers. — Les obtacles au déplacement des ouvriers. — L'expedient des coalitions et des grèves. — La mobilisabilité du travail et ses effets. — Conditions auxquelles elle est subordonnèe. — La multiplication et le bon marché des moyens de transport. — Le développement du rouage intermédiaire du commerce du travail. — Causes qui le retardent. — La mobilisation du travail, solution de la question ouvrière .............. 397
CHAPITRE V. — Le self government. — La tutelle.
Qu'une grande partie des maux de la société provient des vices du self government de l'individu. — Comparaison des destinées de deux familles d'ouvriers. — Le passif et l'actif du bilan de l'existence individuelle. — Économies que procurerait à la Société un bon self government. Le budget “ des passions des hommes”. — Comment on peut le diminuer. — L'appareil de la répression. — Le perfectionnement de l'individu. — La nécessité de la tutelle des incapables. — La tutelle imposée et la tutelle libre. — Raison d'être de la tutelle imposée sous l'ancien régime. — Son organisation, ses avantages et ses inconvénients. — Qu'on a commis la faute de la remplacer par le self government obligatoire. — Que le besoin de tutelle continuant de subsister, il y a été pourvu au moyen de la tutelle gouvernementale. — Vice de la tutelle gouvernementale. — Que le progrès consiste à la remplacer par la tutelle libre . . . . . . . . . . . . . . .. 410
CHAPITRE VI. — Portée limitée du programme économique.
Que la demande d'une réforme des institutions politiques et économiques se produit lorsqu'elles deviennent nuisibles après avoir éte utiles. — Qu'elle Edition: current; Page: [466] se manifeste actuellement sous l'influence des progrès du matériel et des arts de la destruction et de la production. — Qu'elle est déterminée encore par la suppression hative et radicale de l'ancienne tutelle. — Vice des conceptions qui ont repondu à cette demande. — Le défaut de connaissance du mécanisme de la Société. — L'illusion et l'exagération de l'efficacité des réformes. — L'exagération de leur prix de revient. — Le discrédit des réformes politiques. — Les déceptions certaines des réformes et des expérimentations socialistes. — Pourquoi le programme économique ne sera réalisé qu'après l'échec des programmes socialistes. — Que les réformes contenues dans ce programme ne peuvent avoir les effets d'une panacée. — Que l'œuvre du progrès est multiple et successive. — Qu'on peut acheter un progrès trop cher . . . . . . . . . . . . . . ..... 420
CHAPITRE VII. — Les méthodes socialistes et la méthode économique.
Que le premier et nécessaire objectif du socialisme est la main-mise sur l'État. — Les deux méthodes de conquête de l'État. — La méthode révolutionnaire et la méthode constitutionnelle et parlementaire. — Ce que coῦte et ce que rapporte la première. — Que toute révolution est condamnée à un avortment. — Mode d'opération de la seconde. — Ses résultats négatifs. — La méthode économique. — Qu'elle a pour objectif, non la conquête de l'État, mais celle de l'opinion. — Ses instruments. — Obstacles qu'elle rencontre. — Comment elle peut les surmonter. — Utilité de la concurrence des faux systèmes. — La puissance de l'opinion. — La force apparente et la faiblesse réelle des institutions qu'il s'agit de réformer. — Immoralité des impôts indirects, du papier-monnale et des emprunts perpétuels, qui les soutiennent et les perpétent. — Qu'il suffit d'éclairer l'opinion et de la laisser faire. — Utilité d'une Association cosmopolite pour la réalisation du programme économique . . . . . . . . . . . . . . ............ 425
APPENDICE. — l'abolition de l'esclavage africain ... 437
FIN DE LA TABLE DES MATIÉRES
IMPRINERIE DE BAINT—DENIS. — BOUILLANT. 20, ROM DE PARIS.
1Économie politique signifie arrangement intérieur de la Citê ou de l'État.
« Bien que le terme d'économie politique soit tout à fait moderne, dit Joseph Garnier, les deux mots qui le composent sont tres anciens. Les grees disaient oiconomia et les latins œconomia, de oicos, maison, nomos, loi, ou de nemo, j'administre, pour signifier la loi et l'administration de la maison. Aristote entendait par l'oiconomia l'administration de la famille sous le rapport moral comme sous le rapport matériel, c'est-à-dire l'êconomie domestique comme nous la définissons aujourd'hui, plus la direction intellectuelle et morale de la famille.
Le mot politique est encore plus ancien. Les grecs disaient: politikos, politika, politicon, de polis, ville, cité, ensemble de citoyens, et les romains: politicus, politica, politicum, dans le sens de civique, de politique, de relatif à la chose publique. »
Joseph Garnier. De l'origine et de la filiation du mot économie politique.
2« Si les progrès de l'industrie sont les facteurs nécessaires de l'augmentation de la richesse, il n'est pas cependant en leur pouvoir d'assurer un accroissement du bien-être des populations ou un allegement a leurs miseres. Il ne suffit pas pour obtenir ce résultat de multiplier la richesse, il faut encore la bien employer. Or, si depuis un siècle, la puissance productive de l'homme s'est accrue avec plus de rapidité et d'ampleur qu'elle ne l'avait fait à aucune autre époque de l'histoire, il n'en a pas été de même de son aptitude à employer utilement les fruits de la production. C'est qu'il est malheureusement plus facile de perfectionner la machinery qui sert a produire que de régler et de refréner les appétits qui se disputent les produits. Si le XIXc siècle peut se glorifier d'un ensemble merveilleux de découvertes et d'inventions, s'il est par excellence le siecle du progrès mecanique, il est beaucoup moins celui du progres moral. S'il a beaucoup acquis, il a encore plus gaspillé, et nous avons peur qu'il ne soit pas seulement au jugement de la postérité, le siecle du progrès, mais encore le siècle de l'intemperance. Les gouvernements ont donné l'exemple du dérèglement et de l'incontinence dans la dépense. Sur notre vieux continent, ils lègueront aux peuples du XXc siècle une dette qui s'éleve dès à présent à plus de cent milliards avec des budgets dans lesquels le déficit est passé à l'état chronique. Les budgets individuels sont-ils mieux régles? L'impôt de l'intempérance ne coῦte-t-il pas, à lui seul, aux classes ouvrières une somme presque équivalente à celle que leur enleve l'ensemble des impôts de l'É? N'a-t-on pas calculé que, en Angleterre, il s'élève aux deux tiers du montant des dépenses publiques? Faut-il donc s'étonner si le bien-être n'a pas progressé du même pas que la puissance de production de la richesse? » Journal des Économistes, 5 série, t. V. p. 9.
1Il importe toutefois de remarquer que l'intensité de la demande n'est pas déterminée seulement par le besoin actuel des demandeurs. Elle s'accélere ou se ralentit et provoque l'accéleration ou le ralentissement de l'offre de l'article d'échange à la fois d'après le compte des utilités existant sur le marché et d'après l'appréciation de celles qui pourront y être apportees, à mesure que le besoin s'en fera sentir. Les éléments de cette appréciation sont l'espace et le temps. Dans une année où la récolte est généralement abondante, on voit baisser le prix du ble sur le marché géneral, lequel comprend l'ensemble des marchés en communication entre eux dans l'espace et le temps. En supposant qu'un de ces marchés soit faiblement approvisionné, le prix u'y haussera point en raison de l'insuffisance actuelle de la quantité existante sur ce marché, les detenteurs de monnaie qui demandent le blé ralentiront leur demande, dans la prévision des apports futurs de blé; ils la proportionneront seulement à leurs besoins actuels. Au contraire, si dans une année de disette un marché est amplement pourvu de blé, les détenteurs de blé ralentiront leur demande de monnaie dans la prévision d'une diminution future des apports. D'où l'on peut conclure que l'intensité de la demande ne se mesure pas seulement sur les quantités existantes au marché mais encore sur celles qui peuvent y être apportées ou en être enlevées dans l'espace et le temps.
1Est-il nécessaire-de dire que la différence est, en réalité, bien autrement considérable et que les progrès de l'industrie associée et divisée l'accroissent tous les jours?
D'aprèes M. G. Mulhall (The progress of the World) le produit moyen d'un acre de terre en Angleterre était en 1880 de 28 boisseaux. D'un autre côté, d'après M. Thorold Rogers (The economic interpretation of history) dans l'ancienne agriculture anglaise comme dans la moderne, le travail d'un homme peut être considèré comme amplement suffisant pour 20 a cres. Or, en multiplant 20 par 28 on obtient 560 boisseaux. En évaluant à sept boisseaux la quantité de blé nécessaire à la nourriture annuelle d'un homme, on arrive à cette conclusion que le travail d'un agriculteur peut nourrir 80 personnes.
Dans un discours prononcé au congrès de l'Association britannique à Montreal en 1884, M. Édouard Atkinson calculait que la quantité de pain consommee en une année à New York par 1,000 personnes était produite par le travail de 10 agriculteurs, meuniers, employés des chemins de fer, boulangers, etc.
The Westminster Review, march. 1889, p. 290.
1Slavery and the internal slave trade in the United States of the North America, being replies to questions transmitted by the committee of the British and foreing anti-Slavery Society. I vol. In-8°.
2Dictionnaire de l'Économie politique. Art. Esclavage.
1Si nous faisons le relevé des naissances à Paris, en le reportant à la population adulte, il faudra constater une fécondité faible, inférieure d'un cinquième environ a la moyenne de la France. Ce fait est surtout remarquable dans les quartiers riches; ainsi sur 1,000 femmes de 15 à 50 ans, la natalité descend à 86 dans le IXc arrondissement (Opéra) et à 53 dans le VIIIc (Élysée); elle se releve dans les quartiers populaires. Le XIIIc (Gobelins) donne 180 naissances, le XIXc (Buttes Chaumont) et le XVc (Vaugirard) 164. le XXc (Belleville) 160.
De Nadaillac. Affaiblissement de la natalité en France. p. 83.
Le même phénomene s'observe aux États-Unis.
Un sceptique, dit M. Claudio Jannet, parlant de la famille française, disait que les enfants y etaient un inconvenient. On dit encumbrances dans les familles de la Nouvelle Angleterre. Là aussi un mal caché et profond corrompt le foyer, stérilise la race et menace de détruire rapidement la vieille nationalite. Ce mal qui etait inconnu autrefois, souleve tout à coup, à partir de 1880, le cri d'alarme des médecins, des publicistes, des législateurs. M. Hepworh Dixon a été effrayé de cette horreur pour les enfants que manifestent les femmes du meilleur moude, surtout dans les états renommes pour leur moralité et leurs lumieres. C'est dans la société puritaine de Massachussetts, du Vermont, du Maine, du New-Hampshire, c'est dans le monde poli de Philadelphie et de Providence que ces sentiments contre nature se développent, tandis que les populations rurales de l'Ouest plus rudes et plus grossières y échappent.
Le directeur du dernier recencement, M. F. A. Walker constatait ainsi ce fait dans un mémoire lu en 1873 devant l'Américan social science association:
« Les habitudes auxquelles je fais allusion, ce sont d'une part le retard apporté au mariage et de l'autre le soin avec lequel on évite d'augmenter la famille. Que ces habitudes se répandent rapidement, quoique sans progression régulière parmi tous les États du Nord-Est, et du Centre ainsi que parmi les villes commerciales et industrielles de l'Ouest, cela n'a pas besoin d'être démontré par des rapprochements statistiques. Le fait est patent, palpable et se passe de preuve. »
Les résultats de ces mœurs nouvelles commencent à effrayer les hommes d'État . . . Le dernier rapport sur la population du Rhode-Island établit que dans cet État, cent Américains ont en moyenne deux enfants par an, tandis que cent immigrés en ont six. Si ces désordres continuent, — et ils continueront à moins d'une profonde réforme religieuse et morale, — avant cinquante ans il n'y aura plus dans les États du Nord un seul descendant de la vieille race Anglo-Saxonne. La Nouvelle Angloterre, la Pensylvanie et le New-York appartiendront exclusivement aux descendants des Irlandais et des Allemands si méprisés.
ClaudioJannet. Les États-Unis contemporains, chap. XII. La question des femmes.
1D après une communication faite par M. Engel à l'Institut international de statistique, réuni a Rome en 1887, voici quels scraient les prix de revient d'un enfant et d'un homme fait:
| Ages | Valeur de la consommation annuelle. | Prix de revient. |
|---|---|---|
| 0 . . . . . . . . . . . . . . . | 125 fr. | 125 fr. |
| 1 . . . . . . . . . . . . . . . | 137 50 | 262 50 |
| 2 .............. | 150 | 412 50 |
| 3 . . . . . . . . . . . . . . . | 162 50 | 575 |
| 4 . . . . . . . . . . . . . . . | 175 | 750 |
| 5.............. | 187 50 | 937 50 |
| 10.............. | 250 | 2,062 50 |
| 15 . . . . . . . . . . . . . . . | 312 50 | 3,500 |
| 20 . . . . . . . . . . . . . . . | 375 | 5,250 |
| 25 . . . . . . . . . . . . . . . | 437 50 | 7,312 50 |
D'après M. Edvard Young, chef de bureau de statistique de Washington, la valeur moyenne d'un immigrant, sans distinction d'âge ni de sexe, serait de 800 dollars. Un autre statisticien américain porte cette valeur à 1,125 dollars.
M. de Foville en suivant un autre mode d'évaluation porte, a notre avis, beaucoup trop bas la valeur de l'homme.
D'après lui:
« Le nouveau-ne (en France), en tant qu'instrument de production future, represente une valeur de 770 fr.
L'enfant de cinq ans, considéré de la même manière, vaut 1,330 fr.
L'enfant de dix ans 2,087 fr.
Le jeune homme de dix-sept ans qui a, ouverte devant lui, toute une longue période de labeur fecond, équivaut, à ce titre, a un capital de 3,373 fr.
Puis, à mesure que le travailleur avance en âge, son avenir se réduisant d'autant, le chiffre qui en mesure la puissance productive diminue rapidement. Nous trouvons 3,075 fr. à vingt-cinq ans, 2,493 fr. à trente-cinq ans, 1,544 fr. a quarante-cinq ans. A. De Foville. Économiste français, 4 décembre 1875.
1C'est un chiffre minimum. On a vu plus haut que M. Engel évalue à ce chiffre la consommation annuelle d'un enfant de dix ans.
1Voici, d'après les relevés officiels, les chiffres de l'immigration d'Europe aux États-Unis de 1789 à 1887:
| De 1789 à 1820 . . . . . . . . . . . . . . . | 250,000 |
| 1820 à 1882 . . . . . . . . . . . . . . . | 11,397,181 |
| 1882 . . . . . . . . . . . . . . . | 788,992 |
| 1883.............. | 603,322 |
| 1884.............. | 318,592 |
| 1885 . . . . . . . . . . . . . . . | 395,346 |
| 1886 . . . . . . . . . . . . . . . | 334,203 |
| 1887 . . . . . . . . . . . . . . . | 490,109 |
| Total.... | 14,975,745 |
Le nombre des étrangers existant en France, sans compter les étrangers naturalisés, était de 1,115,214, le 31 décèmbre 1886.
1Voir un aperçu de ces coutumes et reglements dans les Principes d'economie politique de Stuart Mill. Traduction de MM. Dussart et Courcelle-Seneuil, L. Ier, p. 402.
1Mac Culloch a fait remarquer, le premier, croyons-nous, mais sans y insister assez, que l'homme doit être considèré comme un capital.
« Quelque étendu, dit-il; que puisse paraitre. au premier coup d'œil, le sens que nous avons attaché au mot capital, nous sommes porte à crolre qu'il pourrait encore s'interprêter d'une maniere bien plus large. Au lieu d'entendre par le mot capital toute cette portion du produit de l'industrie qui peut s'appliquer a l'entretien de l'homme, ou au moyen de faciliter la production, il semble qu'il n'y ait aucune bonne raison pour ne pas admettre (et il y en a, au contraire, un grand nombre pour admettre) que l'homme doit être considére comme formant une portion du capital national. L'homme est le produit des avances de richesse faites pour son existence, pour son éducation, etc., an même titre qu'un instrument quelconque crée par son industrie.... Tout individu arrivé a l'âge de maturite bien qu'il n'ait pas été formé pour un art ou pour une profession particulière. peut cependant ètre considéré avec une parfaite exactitude, sous le rapport de ses facultes naturelles comme une machine qui a coùté, pour sa construction, vingt années de soins assidus et la dépense d'un capital considérable. Et, si une somme plus importante a été dépensée pour le rendre propre à l'exercice d'une industrie ou d'une profession qui exige une habilteté extraordinaire, la valeur de cet homme s'en accroitra proportionnellement, et il aura droit à une rémunération plus large pour ses talents; de même qu'une machine acquiert une plus grande valeur lorsqu'elle acquiert une puissance nouvelle par la dépense d'un nou veau capital ou d'un nouveau travail appliqué à sa construction.» Mac Culloch. Principes d'economie politique, t. Ier, p. 130. (Ed. Guillaumin).
Un statisticien progressiste, M. de Foville partage l'opinion de Mac Culloch, mais sans oser, dit-il, combler la lacune que l'omission de la valeur du « capital humain » a laissée dans la statistique de la richesse nationale.
« Le revenu national, dans un pays comme le nôtre, decoule de deux sources differences: il y en a une part qui est fournie, comme spontanément, par les valeurs immobilières ou mobilières que les Français possedent à l'état de richesse acquise, mais il y a une autre part du revenu national qui provient du travail même des Français. Supposons, par exemple, que les revenus cumules des 38 millions d'individus qui peuplent la France forment un total de 25 milliards: sur ces 25 milliards, il pourrait y avoir 15 milliards de salaires et 10 milliards d'intérêt de valeurs diverses, meubles ou immeubles. Nous dirions volontiers, dans cette hypothèse, que ces 10 milliards représentent le produit des capitaux possedés et que les 15 milliards qui s'y ajoutent sont le produit du capital humain. L'homme, en tant qu'instrument de production, est bien un capital, au même titre qu'un cheval, une machine à vapeur ou un champ, et l'évaluation du capital humain n'est pas un problème plus compliqué que bien d'autres. Mais cette manière d'envisager notre productivité individuelle n'est pas encore assez universellement admise pour que nous osions l'introduire ici. » A. de Foville. La France économique, chap. XXVII, richesse publique.
1« La demande d'ètres humains, comme celle de tout autre denree, en règle nécessairement la production, l'accélère lorsqu'elle marche trop lentement, et l'arrête lorsqu'elle marche trop vite. C'est cette demande qui règle et détermine l'état de la population dans tous les pays de l'univers ». Adam Smith. Richesse des nations, p. 36. (Ed. Guillaumin).
Ces quelques lignes du pere de l'economie politique donnent une notion plus exacte de la theorie de la population que le volumineux et trop célèbre ouvrage de Malthus.
1« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire: ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, de miseres et d'horreurs n'eῦt point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eῦt crié à ses semblables: Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont a tous et que la terre n'est à personne! »
Ce passage célèbre du « Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » est sans contredit l'expression la plus éloquente du sophisme sur lequel se fondent toutes les théories du socialisme. Plus tard, M. Proudhon a résumé ce sophisme dans une formule non moins saisissante:
« A qui est dῦ le fermage de la terre? Au producteur de la terre sans doute. Qui a fait la terre? Dieu. En ce cas, propriétaire. retire-toi ».
Enfin, de nos jours, l'auteur de la théorie de la nationalisation du sol, M. Henry George s'est borné à paraphraser le sophisme que Rousseau et Proudhon avaient emprunté aux anciennes générations de communistes et a le vulgariser en le modernisant:
« Les lois de la nature, dit M. Henry George, sont les lois du créateur. On n'y trouve écrite la reconnaissance d'aucun droit, excepté celui du travail; et le droit egal de tous les hommes à se servir et à jouir de la nature, à s'adresser a elle par leurs efforts, et à recevoir et a posséder sa recompense, y est franchement et clairement écrit. Donc l'exercice du travail dans la production est le seul titre à la possession exclusive.
Ce droit à la proprieté qui nait du travail exclut la possibilité de tout autre droit de propriété. Si un homme a légitimement droit au produit de son travail, personne ne peut avoir un titre quelconque à la possession de choses qui ne sont pas le produit de son travail, ou le produit du travail de quelqu'un d'autre ayant transmis son droit. Si la production donne au producteur le droit de possession et de jouissance exclusive, il ne peut y avoir legitimement possession ou jouissance d'une chose n'étant pas la production du travail, et la reconnaissance de la propriéte privce de la terre est une injustice.
... Une maison et le terrain sur lequel elle s'appuie sont des propriétés parce qu'ils sont soumis a la propriété, et sont classés par les legistes comme proprieté foncière. Cependant ces deux choses diffèrent beaucoup en nature et en relations. La maison est le produit du travail humain et appartient a la classe app elée richesse en économie politique. Le terrain est une partie de la nature et appartient à la classe appelée terre en économie politique.
Le caractère essentiel de l'une de ces deux classes de choses est que ces choses sont la forme matérielle du travail, qu'elles sont amenées a l'existence par l'activite humaine, que leur existence ou leur non-existence, leur accroissement ou leur diminution, dépendent de l'homme. Le caractere essentiel de l'autre classe de choses, c'est que ces choses ne sont pas le produit du travail, et existent en dehors de l'activité humaine, en dehors de l'homme.... Si nous sommes tous ici-bas par la permission egale du Createur, nous avons tous un titre égal a la jouissance de sa bienfaisance, un droit égal à l'usage de tout ce que la nature offre avec tant d'impartialité. C'est un droit qui est naturel et malienable; c'est un droit qu'apporte chaque homme en naissant, un droit qui, pendant toute la durée de la vie de l'homme, n'est limité que par les droits egaux des autres. Dans la nature, il n'y a rien qui ressemble a un flef absolu de la terre. Il n'y a sur la terre aucun pouvoir qui puisse légitimement faire la concession d'une propriété exclusive de la terre. Si tous les hommes existants s'unissaient pour rejeter leurs droits égaux, ils ne pourraient pas rejeter les droits égaux de ceux qui leur succéderaient. Car, pour toute chose, que sommes-nous si ce n'est les tenanciers d'un jour? Avons-nous donc fait la terre, pour vouloir déterminer les droits de ceux qui, apres nous, seront tenanciers a leur tour? Le Tout-Puissant, qui a créé pour l'homme la terre et l'homme pour la terre, a donné la terre en partage à toutes les générations des enfants des hommes par un décret écrit dans la constitution de toutes choses, décret qu'aucune action humaine ne peut annuler, qu'aucune prescription ne peut détruire. Que les parchemins soient aussi nombreux que possible, que la possession soit aussi longue que possible, la justice naturelle néanmoins, ne peut reconnaitre a un homme aucun droit a la possession et à la jouissance de la terre qui ne soit également le droit de tous ses semblables. Bien que le fils aïné du duc de Westminster ait des titres reconnus par des générations et des générations, cependant le plus pauvre des enfants nés aujourd'hui à Londres, a autant de droits que lui aux vastes propriétés du due. Bien que le peuple souverain de l'État de New-York ait reconnu les propriétés foncières des Astor, cependant l'enfant le plus chétif venant au monde dans un taudis, est investi à ce moment même d'un droit égal à celui de ces millionnaires. Et il est volé si on lui dénie ce droit. «Henry George. Progès et panoreté. Livre VII. Chap. Ier. Injustice de la propriété privée de la terre. »
On sait que M. Henry George a déduit de l'injustice de la propriété privée de la terre, — sur laquelle, affirme-t-il, tous les hommes ont un droit égal, — sa célebre théorie de la nationalisation du sol. Mais si un individu n'a pas le droit de s'approprier une portion de ce domaine commun de l'humanité et d'en jouir d'une manière exclusive, une nation c'est-à-dire une collection d'individus, a-t-elle ce droit? En s'appropriant le sol des États-Unis, la nation américaine ne commettrait-elle pas un vol au détriment du reste de l'espèce humaine, et ce vol ne serait-il pas particulièrement dommageable aux Groenlandais et aux Lapons, auxquels la nature, en dépit de l'impartialité que lui attribue bénévolement M. Henry George, n'a accordé qu'un terrain ingrat et une terre infertile? La théorie de la nationalisation du sol n'en est pas moins devenue populaire. Ce qui explique surtout la faveur avec laquelle elle a été accueillie, c'est qu'elle s'est produite dans un moment où l'esprit de monopole avait besoin de s'appuyer sur une théorie, bonne ou mauvaise, pour justifier les lois qui interdisent aux étrangers la possession du sol. En cette occasion comme en bien d'autres, les sophismes démocratiques du socialisme ont servi d'auxiliaires aux pratiques égoïstes du protectionnisme.
1Exactement 3,450 millions, d'aprés une statistique officielle, sans compter la valeur des vies humaines sacrifiées dans cette conquête.
1En 1776, au commencement de la guerre de l'Indépendance, les exportations anglaises pour l'Amérique du Nord étaient de 1,300,000 liv. st.; elles s'élevèrent a 3.600,000 en 1784, après que l'indépendance eut été reconnue. (F. Bastiat, Cobden et la Ligue, Introduction).
1Le progrès industriel substitue communément à l'emploi de la force physique du travailleur celui d'une force mécanique moins coῦteuse et plus puissante. Dans les industries que le progrès transforme, on voit, en consequence, le travail humain changer successivement de nature: de purement physique a l'origine, du moins dans les fonctions inférieures, il devient de plus en plus intellectuel. Si nous examinons, par exemple, l'industrie de la locomotion à ses différentes périodes de développement, nous serons surpris de l'étendue et de la portée des transformations que le travail dont elle exige le concours a subies sous l'influence du progrès. A l'origine, c'est l'homme lui-même qui transporte les fardeaux. en mettant en œuvre as force musculaire. Il en est encore ainsi dans certaines parties de l'Inde, où les bras et les épaules des coolies sont les seuls véhicules en usage pour transporter les voyageurs aussi bien que les marchandises. Mais l'industrie de la locomotion vient à progresser. L'homme dompte le cheval, l'àne, le chameau, l'éléphant, et il les assujettit a porter des fardeaux; il invente encore la charrette, la voiture et le navire. Aussitôt la nature du trava il requis pour le transport des hommes et des marchandises se modifie. La force musculaire ne suffit plus, elle nejoue mème plus qu'un rôle secondaire dans l'industrie des transports: le premier rôle appartient désormais à l'adresse et à l'intelligence. Il faut plus d'adresse et d'intelligence que de force musculaire pour guider un cheval, un âne. un chameau, un éléphant, pour conduire une voiture ou une charrette, pour diriger un navire. Survient enfin un dernier progrès. La locomotive avec sa longue file de wagons se substitue au cheval, a la charrette, à la diligence; le bâteau a vapeur prend la place du navire a voiles. La fonction du travailleur dans l'industrie des transports acquiert, par suite de cette nouvelle transformation, un caractere intellectuel plus prononcé. Les employés des chemins de fer ont a déployer plus d'intelligence et moins de force physique que les voituriers, messagers, etc., qu'ils ont remplacés. Dans l'industrie des transports par eau, l'intervention de la vapeur supprime l'outillage humain qui était employé à manœuvrer l'appareil moteur des navires, les mâts, les voiles, les cordages. A cet appareil qui nécessitait encore l'application d'une certaine quantité de force musculaire, la vapeur substitue une machine dont les servants, chauffeurs ou mécaniciens, n'ont guère à faire œuvre que de leur intelligence.
En examinant donc l'industrie de la locomotion à son point départ et à son dernier point d'arrivée, on s'aperçoit que la proportion dans laquelle elle réclame le concours de la force musculaire et de la force intellectuelle de l'homme s'est progressivement modifiée, et que la dernière a fini par s'y substituer presque entièrement à la premiere. On obtient le mème résultat en étudiant l'action du progres industriel sur les autres branches de la production, et l'on arrive ainsi à cette conclusion importante, que l'industrie moderne exige dans une proportion moindre que celle des premiers âges du monde l'intervention de la force musculaire de l'homme, mais qu'elle réclame, en revanche, a un bien plus haut degré, le concours de ses facultés intellectuelles et morales.
Cette modification progressive dans la nature des forces requises pour la production ne manque pas de se répercuter dans les frais de production du travail. A mesure que l'intelligence se substitue a la force musculaire dans l'industrie, on voit s'élever le niveau de la rémunération des travailleurs. Ainsi, les salaires des voituriers, des cochers. des conducteurs d'omnibus sont plus élevés que n'étaient ceux des porteurs de chaises; mais ils se trouvent à leur tour dépassés par ceux des employés des chemins de fer. De mème, il y a apparence que les travailleurs employés dans la navigation à voiles sont mieux rémunérés que ne l'étaient jadis les rameurs, tandis qu'ils le sont plus mal que le personnel employè dans la navigation à vapeur. Pourquoi en est-il ainsi? parce que l'intelligence nécessaire à l'exercice d'une industrie perfectionnée exige des frais d'entretien et de renouvellement plus considérables que la force musculaire requise par une industrie encore dans l'enfance; parce que les frais de production du travail intellectuel sont plus élevés que ceux du travail physique.
En examinant les modifications que subit la nature du travail sous l'influence du progrès industriel, on arrive, en définitive, à une conclusion qui peut être formulée ainsi:
Que le progrès industriel contribue dans toutes les branches de l'activité humaine à élever le niveau des frais de production du travail.
Cours d'économie politique, 8° leçon. La part du travail.
1Pour subvenir aux necessités de son existence l'homme dispose d'une portion de la création, et il est armé de facultes à l'aide desquelles il peut extraire, du milieu où il vit, tous les éléments de sa subsistance matérielle et morale. La terre avec ses innombrables variétés de minéraux, de vegétaux et d'animaux, ses océans, ses montagnes, son humus fertile, l'atmosphère qui l'environne, les effuves de chaleur et de lumiere qui alimentent la vie à sa surface, voilà le fonds abondant que la providence a mis au service de l'humanité. Mais ni les éléments divers qui composent ce fonds naturel de subsistance, ni les facultés dont l'homme dispose pour les utiliser n'ont été distribués d'une manière égale et uniforme. Chacune des régions du globe a sa constitution géologique particulière: ici s'étendent d'immenses couches de charbon, de fer, de plomb, de cuivre; là gisent l'or. l'argent, le platine, les pierres précieuses. Même diversité dans la distribution des espèces végétales et animales, le soleil qui échauffe et qui éclaire inégalement la terre, qui prodigue dans certaines zones la chaleur et la lumière, tandis qu'il abandonne les autres à la frigidité et à l'ombre, marque à chaque espèce les limites qu'elle ne peut franchir. Même diversité dans la répartition des facultés humaines. Un court examen suffit pour démontrer que tous les peuples n'ont pas été pourvus des mêmes aptitudes; que les Français, les Anglais, les Allemands, les Russes, les Chinois. les Indous, les Nègres ont leur génie particulier, provenant soit de la race, soit des circonstances naturelles du sol ou du climat; que les forces physiques, intellectuelles et morales de l'homme varient selon les races, les peuples et les familles: qu'il n'y a pas dans le monde deux individus dont les capacités soient égales et les aptitudes semblables. Diversité et inégalité des éléments de la production dans les différentes régions du globle; diversité et inégalité non moins prononcées des aptitudes, parmi les hommes; tel est le spectacle que nous présente la création.
De cet arrangement naturel des choses nait la nécessité des échanges. Aucune région du globe ne pouvant devenir le foyer de l'universalité des industries: au cun individu ne pouvant produire isolément l'ensemble des choses nécessaires à la satisfaction de ses besoins, que font les hommes? Les moins heureusement doués, ceux qui forment comme la transition entre l'espèce humaine et les autres espèces animales, se contentent des produits qu'ils peuvent façonner eux-mêmes et dont ils ont les matériaux sous la main. Ceux-ci demeurent plongés dans la primitive barbarie, et ils se trouvent incessamment soumis aux privations les plus dures. Mais les plus intelligents s'avisent d'un procédé qui met bientōt à leur service les ressources de la création tout entière. Au lieu de produire indifféremment toutes choses, chacun s'applique à celles que ses aptitudes particulières et la nature des matériaux dont il dispose lui permettent de produire avec facilité, et les échange contre les choses qu'il produit difficilement ou qu'il est incapable de produire. Grâce à ce procédé, à la fōis si simple et si fécond, chacun peut obtenir une quantité de plus en plus considérable des choses nécessaires à la satisfaction de ses besoins, étendre et améhorer indéfiniment son existence.
Le procédé de l'échange étant découvert la division du travail peut s'établir et l'industrie se perfectionner, Alors les échanges se multiplient et la sphère dans laquelle ils peuvent s'opérer s'agrandit... Le résultat de cette extension de la sphère des échanges est facile à apprécier. Si, comme l'observation l'atteste, les differents peuples de la terre sont pourvus d'aptitudes particulières, si chaque région du globe a ses productions spéciales, à mesure que s'étendra la sphère des échanges on verra chaque peuple s'adonner de préférence aux industries qui conviennent le mieux à ses aptitudes ainsi qu'à la nature de son sol et de son climat; on verra la division du travail s'étendre de plus en plus parmi les nations. Chaque industrie se placera dans les conditions les plus économiqnes de production et le résultat final sera que toutes les choses nécessaires a la satisfaction des besoins de l'homme pourront être obtenues avec un maximum d'abondance et en échange d'un minimum de peine (a).
(a)dictionnaire de lÉconomie politique. Art. Liberté du commerce.
1Nous n'avons pas de données positives sur la valeur du commerce des États civilisés dans l'antiquité et au moyen âge. C'est seulement au commencement du dix-septieme siècle qu'apparaissent, en Angleterre, les premiers rudiments d'une statistique commerciale. En 1613 la valeur officielle des importations de l'Angleterre et du pays de Galles ne depassait pas 2,141,151 liv. sterl et celle des exportations 2,487,435 liv. sterl. Un peu plus d'un siecle apres, en 1720, les importations étaient de 6,090,000 liv. sterl, et les exportations de 6,910,000 liv. sterl.: en 1765, année où Watt prit son brevet pour la machine a vapeur, les importations s'élevaient à 11,812,000 liv. sterl., et les exportations à 15,763,000 liv. sterl. Trente-cinq ans plus tard, en 1800, elles avaient triple: les importations montent à 30,570,000 liv. sterl., les exportations a 43,152,000 liv. sterl. Le régime prohibitif et la guerre continentale les maintiennent pendant une vingtaine d'annees dans un état presque stationnaire, et ce n'est qu'au bout de quarante ans qu'elles se trouvent doublées. En 1840, les importations du Royaume-Unis sont de 67,492,000 liv. sterl., et les exportations, transit compris, de 116,480,00 liv. sterl. Mais, à dater de cette époque, sous l'influence du développement de voies de communication perfectionnées et du free trade, elles reçoivent une impulsion extraordinaire; en 1850, les importations atteignent 100,460,000 liv. sterl., et les exportations 93,251,000 liv. sterl. Enfin, en 1875, cent dix ans, après la prise du brevet de Watt, les importations s'élèvent à 373,941,325 liv. sterl. et les exportations des seuls produits anglais à 223,494,370 liv. sterl., formant un enorme total de près de 15 milliards de francs. Dans les autres états civilisés, ou la grande industrie s'est implantée. en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, aux États-Unis, la progression n'a guère été moindre. Récemment, un statisticien autrichien, M. Neuman Spallart, évaluait le mouvement commercial du globe à 78 milliards 700 millions, dont 44 pour l'Europe et 10 pour l'Amérique. A ces chiffres, il conviendrait d'ajouter ceux des échanges intérieurs de chaque État, sur lesquels la statistique ne fournit que des renseignements partiels et incomplets. En prenant pour base et pour point de comparaison le commerce extérieur de l'Angleterre, dans l'année de Watt, on n'exagérera certainement pas en disant que la somme des échanges internationaux, depuis cette époque caractéristique de l'éclosion de la grande industrie, a au moins vingtuplé.
L'Évolution économique du XIXc siècle, p. 52.
1Il n'y a personne d'accoutumé à visiter les manufactures, dit Adam Smith, à qui on n'ait fait voir une machine ingénieuse imaginée par quelque pauvre ouvrier pour abréger et faciliter sa besogne. Dans les premieres machines à vapeur, il y avait un petit garçon continuellement occupé à ouvrir et à fermer alternativement la communication entre la chaudiere et le cylindre, suivant que le piston montait et descendait. I.' un de ces petits garçons, qui avait envie de jouer avec ses camarades, observa qu'en mettant un cordon au manche de la soupape qui ouvrait cette communication et en attachant ce cordon à une autre partie de la machine, cette soupape s'ouvrirait et se fermerait sans lui, et qu'il avait la liberté de jouer tout à son aise. Ainsi une des découvertes qui ont le plus contribué à perfectionner ces sortes de machines depuis leur invention est due a un enfant qui ne cherchait qu'à s'épargner de la peine.
Cependant il s'en faut de beaucoup que toutes les découvertes tendant a perfectionner les machines et les outils arent été faites par les hommes destinés à s'en servir personnellement. Un grand nombre est dῦ à l'industrie des constructeurs de machines, depuis que cette industrie est devenue l'objet d'une profession particulière, et quelques-unes à l'habitetè de ceux qu'on nomme savants ou théoriciens, dont la profession est de ne rien faire, mais de tout observer, et qui, par cette raison, se trouvent souvent en état de combiner les forces des choses les plus éloignées et les plus dissemblables. Dans une société avancée, les fonctions philosophiques deviennent, comme tout autre emploi, la principale ou la seule occupation d'une classe particulière de citoyens. Cette occupation, comme toute autre, est ainsi subdivisée en un grand nombre de branches différentes, dont chacune occupe une classe particulière de savants, et cette subdivision du travail, dans les sciences comme en toute autre chose, tend à accroitre l'habileté et à épargner du temps. Chaque individu acquiert beaucoup plus d'expérience et d'aptitude dans la branche particulière qu'il a adoptée; il y a, au total, plus de travail accompli, et la somme des connaissances en est considérablement augmentée.
Adam Smith. Richesse Des Nations. Liv. I. chap. I. Division du travail.
1Voir pour le développement des arguments relatifs à cette question, l'article sur la Propriété des inventions dans le Journal des Économistes de septembre 1855 et janvier 1856, reproduit dans les Questions d'économie politique et de droit public. T. II, p. 339. Voir aussi l'article: Propriéte littéraire et artistique dans le Dictionnaire de l'Économie politique 1853.
1L'Évolution économique du XIXe siecle. Chap. Ier p. 5.
1Voir notre Cours d'économie politique. T. II, première leçon. Les poids et mesures.
1L'Évolution économique du XIXe siècle. Chap. II, p. 34.
1Nous n'avons pas à signaler ici les progres dont la constitution des sociétes impersonnelles à capital mobilisable nous parait susceptible. On pourrait démontrer aisément que cette constitution pêche contre la loi de l'économie des forces, et notamment que le gouvernement de ces sociétés devrait appartenir a leurs fondateurs, sous le contrôle des delegués des actionnaires, au lieu d'être nominalement issu d'une assemblée prétendue générale dont les fondateurs sont exclus ou ne figurent qu'à titre d'actionnaires.
1Le mouvement socialiste. Deuxième partie. La pacification des rapports du capital et du travail. Chap. Ier, p. 213.
1L'Évolution politique et la Révolution, chap. VII. p. 207.
1Comme tous les autres progrès, ceux de l'industrie de la guerre ont eu pour résultat de diminuer le prix de revient du produit spécial de cette industrie, savoir de la puissance destructive ou, ce qui revient au même, d'accroitre cette puissance dans une proportion plus forte que son prix de revient. Comparez les effets destructeurs de l'obus à la dynamite à ceux de l'ancienne bombe, et vous trouverez qu'ils depassent sensiblement les frais de production de cet instrument perfectionné de destruction comparés à ceux de l'instrument qu'il a remplacé.
Mais si le progrès a diminué les frais de production de la puissance destructive, en revanche il est devenu nécessaire dans les guerres modernes, au moins entre les peuples civilisés, d'en dépenser une somme incomparablement plus considérable que celle qui était dépensée dans les guerres d'autrefois. En supposant que cette somme ait décuplé, et que les frais de production de la puissance destructive aient diminué seulement de moitié ou même des trois quarts, on s'explique l'augmentation progressive du coῦt des guerres modernes, Cette augmentation ne provient pas, comme on le suppose généralement, de ce que la puissance destructive revient plus cher, elle provient de la nécessité d'en employer davantage.
1Voir les Questions d'economie politique et de droit public. Progres réalises dans les usages de la guerre. t. II. page 277.
1Voir la Morale economique. Appendice. Projet d'association pour l'établissement d'une Ligue des neutres.
1Voir Les lois naturelles. L'abolition de la servitude politique. p. 238.
2Une demonstration detaillee de l'inferiorite des services publics compares aux services privés, sous le double rapport de la qualite et du prix, exigerait a elle seule un ouvrage spécial. Nous avons esquisse cette démonstration dans les Soirées de la rue Saint-Lazare, et nous n'avons cessé de la poursuivre, depuis plus de quarante ans dans la série de nos publications. Avons-nous besoin d'ajouter qu'elle a éte un des principaux objets des travaux de la plupart des economistes dignes de ce nom, Adam Smith. J. B. Say. Ch. Dunoyer, Bastiat, Joseph Garnier. Tous ont été d'accord pour combattre l'extension des attributions de l'État. Leurs successeurs ont suivi leurs traces, et c'est le merite des économistes français d'avoir résisté résolument au socialisme d'État, aujour d'hui prédominant en Allemagne, en Italie, aux États-Unis, et propagé en Angleterre par l'école de Stuart Mill.
Nous nous bornerons à signaler sur la question generale des attributions de l'État, le Traite d'economie politique, de M. Courcelle Seneuil, les Leçons d'economie politique, de M. Frédéric Passy. les Progres de la science economique, de M. Maurice Block, le Manuel d'economie politique, de M. H. Baudrillart, le Traité d'economie politique, de Charles Lehardy de Beaulieu, l'État moderne et ses fonctions, de M. Paul Leroy Beaulieu, le Socialisme d'État de M. Léon Say. — Sur la question speciale de l'Enseignement, les Lettres sur l'enseignement des colleges, de Ch. Clavel, les articles de M. Rouxel dans le Journal des Économistes. Sur l'intervention du gouvernement en matiere de crédit: Le crédit et les banques, de Ch. Coquelin, la Liberte des banques, de Horn, l'Histoire des banques en France, de M. A. Courtois. la Monnaie, le credit et l'impót, de M. G. du Puynode, etc., etc.
1L'analyse de la formation du prix courant donne l'explication de ce phenomene. Le prix courant est determiné par l'intensité respective des besoins de vendre et d'acheter. Le besoin le plus intense augmente dans une proportion plus forte que le moins intense la quantité qu'il offre à l'échange, et c'est au moment où les deux quantités réciproquement offertes se font équilibre, ou elles représentent inversement une somme égale d'utilité, que l'échange s'opère. Mais deux cas peuvent se présenter: le marché peut être limité ou illimité. Dans le premier cas, c'est l'inégale intensité des besoins des échangistes en présence qui décide du prix, apres un débat ou » marchandage « dans lequel chacun s'efforce de dissimuler l'intensité de son besoin de vendre ou d'acheter, — débat qui se prolonge plus ou moins longtemps, selon le degré de ténacité des échangistes, et la valeur qu'ils attachent à leur temps, selon encore qu'ils appréhendent plus ou moins l'intervention d'un concurrent dont le besoin de vendre soit moins intense ou le besoin d'acheter plus intense que le leur. Dans un marché limité ou la concurrence est entravée par des obstacles naturels ou artificiels, la probabilité de cette intervention est d'autant plus réduite que la concurrence est plus restreinte. Dans un marché illimité, au contraire, où la concurrence est libre d'entraves, où l'apport des produits à l'échange ne rencontre point d'obstacles, cette probabilité est constante, et n'a d'autre limite que celle des quantités disponibles; l'intensité inégale des besoins disparait, le prix se fixe d'après l'estimation des quantités qui peuvent être offertes d'une part, demandées de l'autre. Cette estimation faite, le prix du marché s'établit, et il fait loi dans tous les échanges qui s'operent sur le marché, en supprimant tout débat, tout marchandage. C'est ainsi que le prix du marché gènéral détermine dans toute l'étendue de ce marché le taux de l'intérêt des capitaux, le prix des céréales, des cotons, des laines et des autres articles suffisamment « mobilisables. »
1Ce serait une histoire intéressante à faire que celle des perturbations et des maux causés par le monopole de la fabrication de la monnaie que s'est attribué l'État. Sous l'ancien règime, les gouvernements usaient habituellement de ce monopole pour falsifier la monnaie métallique. Si les gouvernements modernes ont abandonné ce procédé peu scrupuleux, c'est uniquement parce qu'ils l'ont remplacé d'une manière a la fois plus profitable pour eux, et plus onéreuse aux populations, par l'émission et la surémission du papier-monnaie. On pourrait ajouter que l'État arriéré de la machinery de la circulation monétaire a principalement pour cause l'intervention des gouvernements dans la fabrication de la monnaie, et l'établissement de l'étalon monétaire. Voir à ce sujet, Cours d'économie politique, t. II, sixième leçon, le nouveau régime monétaire, et dixième leçon, les intermédiaires du Credit.
1Voir Le mouvement socialiste. Les grèves et les Trade's Unions. p. 242.
1Cours d'économie politique, t. Ier. dixieme leçon, la Part du travail.
2Voir pour de plus amples développements sur les causes qui ralentissent les progrès du commerce du travail, et qui sont en voie de stériliser l'etablissement des Bourses du travail: Les Sourées de la rue Saint-Lazare, 6° soirée. les Questions d'économie politique et de droit public; la Publicité du travail, t. Ier, p. 183; le mouvement socialiste; le Commerce du travail, chap. IV. p. 330; l'Évolution économique du XIXe siecle, p. 330, les Lois naturelles, la Guerre civile du capital et du travail. Appendice, le Journal des Économistes, septembre, 1888. la Bourse du travail, etc. etc.
Ajoutons que l'on commence à voir se dessiner chez les entrepreneurs d'industrie menacés par des grèves organisēes sur un plan de plus en plus vaste, une tendance à abandonner le vieux procédé du lockout ou de la suppression générale du travail pour le procédé autrement efficace de la concurrence aux trade's unions et aux autres associations ouvrières, par la concession d'avantages que celles-ci sont hors d'état d'accorder à leurs membres.
Voici ce que nous lisons à ce sujet dans l'Indépendance belge du 16 avril.
« Vif émoi dans le monde ouvrier et socialiste, sur la nouvelle que la redoutable Fédération des armateurs (Shipping Federation) formée entre patrons pour résister à la Ligue des matelots, ouvriers des docks, etc., prépare, depuis quelques jours, une mesure destinée à exercer le rōle d'un violent elément dissolvant parmi les unions ouvrières. Il s'agit d'un projet aux termes duquel la Fédération accorderait à peu pres gratuitement une assurance sur la vie et contre les accidents à tous les marins non affiliés aux ligues d'ouvriers et qui servent librement sur les navires de la Fédération. Lesdits marins payent un droit d'un shelling pour leur livret d'inscription comme employés de la Féderation des armateurs. Désormais ce livret représenterait, sans frais supplementaire, une assurance de 25 livres sterling (625 fr.) payable, en cas de mort du matelot, à celui de ses héritiers qu'il aurait désigné d'avance, ou payable a lui-même, en cas d'accident.
De plus, si le marin désire s'assurer pour une somme superieure a 25 livres, il le pourra moyennant une prime extrêmement minime, la Federation des armateurs ayant obtenu des grandes compagnies d'assurances des conditions très avantageuses; en outre elle mettra de sa poche tout ce qu'il faudra pour reduire à presque rien la charge que s'imposera le marin, du fait de l'assurance. Vous devinez l'effet probable d'une pareille combinaison: alléchés par ce gāt eau de l'assurance, des milliers de marins rompront apparement avec les ligues ouvrieres pour passer à la Fédération des patrons; et les coalitions grévistes deviendront à peu près impossibles. »
C'est un premier pas dans une voie nouvelle. Que des grèves internationales viennent à éclater, en vertu d'un dēcret des congrès ouvriers, les entrepreneurs et les capitalistes leurs associes ou leurs commanditaires, iront plus avant dans cette voie. Ils s'apercevront de quel secours leur serait et quelle économie pourraient leur procurer des intermédiaires bien pourvus de capitaux qui feraient concurrence aux associations ouvrières pour le placement du travail et se chargeraient mēme d'une partie des opérations dévolues aux capitaux d'exécution, en déterminant, par ce progrès, un abaissement des frais de la production (a). Sans doute, les entrepreneurs d'industrie ne pourraient plus alors profiter de l'inégalité de situation qui leur permettait, trop souvent, d'abaisser à leur gré le salaire et d'augmenter la durée de la journée, mais cette inégalité va s'effaçant de jour en jour, pendant que l'absence ou l'insuffisance des intermédiaires les expose à subir le dommage des coalitions et des grèves. Que des societés puissantes, analogues à celles dont nous avons esquissé le type et les fonctions (b) se constituent; qu'elles se substituent, par la voie de la concurrence, aux trade's unions et aux autres associations ouvrières, que le prix du travail se fixe d'une maniere impersonnelle sur un marché devenu illimité par l'opération de ce rouage nécessaire, et la guerre civile du capital et du travail prendra fin, au double avantage des entrepreneurs et des ouvriers sans parler des consommateurs.
(a) Lois naturelles, p. 295.
(b) Ibid.
1Voir, pour les développements de cette partie du programme, la Morale économique.
1Voir les Lois naturelles. Appendice, Projet d'une Societé a bénefices limites, etc., p. 307.
1Arriver! Voilà toute la question. C'était déjà l'avis des grands révolutionnaires qui ont frayé la voic aux socialistes. Témoin cette jolie anecdote, empruntée aux Souvenirs de M. de Barante.
M. de Barante attendait un matin dans l'antichambre du ministre de l'Intérieur, et il y avait quelqu'un dans le cabinet du Ministre qui prolongeait beaucoup son audience. Fouché s'en excusa en faisant entrer le jeune préfet, puis il lui dit
« Savez-vous avec qui j'étais? Avec mon ami Thibaudeau. Imaginez-vous que j'ai dῦ remettre la tête à cet imbécile! N'était-il pas inquiet, désespéré du mariage de l'Empereur avec une archiduchesse d'Autriche? Une nièce de Marie-Antoinette, arrivant à Paris pour être impératrice! Il ne se faisait pas à cette idée! Comment se présenter devant elle? Comment aller désormais à la cour? Est-ce donc pour en venir là que nous avons fait la Révolution?
— Eh bien! oui, ai-je répondu, tu as voté la mort du roi et moi aussi. Que veux-tu? Ce n'était pas ta faute ni la mienne, la France avait la fièvre chaude. Dans de telles époques, on ne sait ce qu'on fait. On est entraîné par le courant. Et puis, les événements se sont calmés, l'ordre a été rétabli. Tu ne t'en es pas trouve trop mal, tu ne veux plus de révolution et, à présent, tu souhaites que les choses restent comme elles sont. Qu'est-ce qui peut mieux assurer leur durée que ce mariage de l'Empereur? Crois-tu que cette archiduchesse va nous ramener l'ancien régime? Est-ce possible? A vons-nous sollicité humblement ce mariage? Notre nouvelle impératrice arrivera-t-elle flére, dédaigneuse, avec les rancunes du passé? pas du tout: elle est très honorée d'avoir été choisie par l'Empereur, elle ne se jouera pas à contrarier en rien son gouvernement et sa politique. Elle est niece de Marie-Antoinette ... Qu'importe! elle sera peut-être aimable et charmante comme était sa tante. oui, certainement, Marie-Antoinette était tout cela; on l'a calomniée, on a beaucoup crié contre elle et nous tous les premiers. C'est tout simple. Nous étions au parterre, debout, mécontents, tapageurs. A present nous voila bien assis, en premieres loges... et nous applaudissons. »
1C'est par ce procédé qu'à été préparée la plus grande réforme, et on pourrait dire même la seule réforme vraiment progressive qui ait été accomplie depuis un siecle, celle qui a aboli les lois-céréales, et mis fin au régime protecteur en Angleterre. Se tenant en dehors du gouvernement et des partis politiques, les promoteurs du free trade ont converti l'opinion à leur cause, d'abord en employant comme instruments de propagande, l'association, la parole et la presse, ensuite, en se servant de la pression de l'opinion convertie pour surmonter l'opposition des intérêts particuliers représentés dans le parlement, Les résultats de la réforme, ainsi préparée et accomplie, ayant été conformes à leurs prévisions, l'opinion lui est demeuré fidèle et l'a rendue définitive. En France, où ce travail d'éducation et de conversion n'a pas été fait, où les promoteurs de la réforme se sont bornés à gagner l'opinion du souverain du jour, elle n'a pu résister, — le souverain disparu, — à l'assaut des intérêts particuliers en majorité dans le parlement, et elle sera, selon toute apparence, emportée par la réaction protectionniste.
1Voir à ce sujet un compte détaillé des impôts que paie une famille d'artisans italiens à l'État, à la province, à la commune et aux industries protégées, dressé par M. Vilfredo Pareto. (Lettre d'Italie, Journal des Économistes, septembre, 1890.)
Est-il nécessaire de dire que les renseignements de ce genre ne se rencontrent point dans les statistiques officielles si prodigues cependant de publications volumineuses, qui vont s'entassant dans les greniers des ministères,
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2Ces attributions sont définies et délimitées dans les Lois naturelles, 4e partie. La servitude politique.
1Cours d'Économie politique, t. II. Septième leçon. Le papier-monnaie.
1Cette œuvre d'education de l'opinion peut être accomplie à la fois par la propagande individuelle et la propagande collective. On sait quels services le Cobden Club a déjà rendus et rend encore tous les jours à la cause du libreéchange. On pourrait fonder une association analogue, en lui assignant pour objectif la réalisation du « programme économique », et en définir ainsi le but et le mode d'action:
Art. 1er. — Il est fondé sous la dénomination d'Association cosmopolite, une association d'éducation et de propagande, ayant pour objet la réalisation des réformes qui constituent le Programme économique.
Art. 2. — Cette association s'occupera, en premier lieu, de propager la connaissance de l'économie politique, en s'appliquant à mettre cette science à la portée du grand nombre, en second lieu, elle instituera une enquête permanente destinée à mettre en lumiere les effets nuisibles des lois, reglements et pratiques en opposition avec les lois naturelles ainsi que les effets utiles des réformes qui les en rapprochent.
Art. 3. — Elle s'abstiendra d'intervenir dans les luttes révolutionnaires ou constitutionnelles pour la conquête du gouvernement, et imposera à ses membres l'obligation de se tenir en dehors des partis politiques.
Art. 4. — Elle respectera complètement les lois établies, dussent ces lois faire obstacle à sa propagande, jusqu'à ce que la pression de l'opinion en ait déterminé la réforme.
1Troisfème partie, chap. 1er, p. 359.
2Journal des Économistes; nos. de décembre 1889 ct janvier 1890.
1Dictionnaire de l'Économie politique. Art. Esclavage.
1Dictionnaire de l'Économie politique. Art. Esclavage.
1En recueillant les données éparses, en rapprochant les faits, on arrive à cette conclusion qu'il y a annuellement ou qu'il y a eu en certaines années une exportation de 70,000 ou 80,000 personnes. Dans ce nombre ne sont pas compris tous ceux qui ont succombé avant d'arriver au marché, et il y a des routes où les victimes sont si nombreuses qu'on peut suivre les traces des caravanes aux cadavres laissés derrière elles. Si on veut y joindre les hommes qui se sont fait tuer en défendant leur liberté et ceux qui sont allés avec leur famille périr de misère au milieu des marais et des déserts, on arrivera à un chiffre effrayant. Sur certains points, d'après le témoignage d'un voyageur, l'esclavage ne représente qu'un cinquième et, sur d'autres points, un dixième de la population anéantie par cette chasse. Ainsi à côté des 70,000 malheureux qui partent chaque année pour l'exil le plus affreux, il y a, chaque année aussi, de trois à quatre cent mille morts qui restent sur le champ de bataille de la traite. (La Traite orientale, par E. P. Berlioux, p. 8)
2Le trafic du haut Nil est le plus intéressant pour nous, parce que les hommes qui le font, en déguisant leur brigandage sous les apparences d'un commerce régulier, appartiennent aux nations les plus civilisées de l'Europe. Il y a là non seulement les Égyptiens ou des Tures, mais encore des Autrichiens, des Italiens, des Anglais et des Français. Id., p. 14.
1La Traite orientale, p. 312.
2Aujourd'hui, et par suite de la suppression de l'esclavage des blancs capturés autrefois par des pirates dans le bassin de la Méditerranée, et de celui des habitants du Caucase et de l'Asie, due à l'initiative persévérante de la Russie, les esclaves noirs et, par conséquent, la traite africaine, ont augmenté depuis plus d'un demi-siècle et, sur certains points, augmentent encore.
J'en ai donné souvent les preuves par les récits des explorateurs et des missionnaires, par les chiffres effroyables qu'ils ont cités et enfin, pour une époque plus voisine encore, car il s'agit de l'année 1888, par les témoignages officiels des agents anglais chargés de la surveillance de l'esclavage dans la Turquie, l'Égypte, la mer Rouge et l'océan Indien.
Je n'ai pas parlé ainsi par oui-dire, lit-on dans le rapport de l'un d'entre eux, mais par une conviction personnelle acquise sur les lieux, à Djeddah. Lorsque j'arrivai dans cette ville, comme le paquebot s'y arrête huit heures, je résolus de profiter de cette circonstance pour voir comment les choses se passaient lá, et j'envoyai un de mes officiers voir s'il pourrait acheter un esclave. Il demanda, comme par hasard, au batelier qui l'avait conduit à terre quel étalt l'endroit ou il trouverait le plus facilement à acheter un esclave. Le batelier offrit de le conduire aux maisons du principal marchand.
Lorsqu'il fut connu qu'il désirait un esclave, plusieurs vinrent à lui dans la rue et lui offrirent de le conduire dans quelques autres maisons de marchands, où il trouva des esclaves nègres et abyssins, au nombre de six à quatorze dans chaque maison. Pour montrer comment tout cela se fait ouvertement, il me suffira de dire qu'il était accompagné par un officier égyptien en uniforme, et par un sergent-major de mon département, également en uniforme. Il m'aurait été également très facile d'entrer dans ces maisons, mais je préférai ne pas le faire, ear si j'avais été reconnu, on aurait probablement fait quelque désordre, sous prétexte qu'un chrétien entrait dans une maison musulmane.
Plus loin:
« Les esclaves sont introduits avec la complicité des autorités, qui reçoivent, je m'en suis assuré, un dollar par tête. Les marchands ont un nombre considérable d'esclaves, et on n'en a jamais vu, jusqu'lei, une pareille abondance sur le marché Djeddah. Les prix sont aussi bons, variant de 80 à 300 dollars, et davantage dans certains cas.
Un certain nombre de ces esclaves demeurent à Djeddah après leur vente; mais un plus grand nombre vont à la Mecque, d'où ils sont conduits, avec les caravanes de pèlerins, en Perse, à Bagdad et en Syrie ». (Lettre de Mgr Lavigerie.)
1La Traite orientate, p. 279 et 312.
1La Traite orientale, p. 295.
1Ce qu'll faudrait, ce serait aider, moralement et matériellement, dans la mesure du possible, les États musulmans qui ont des traités avec les puissances européennes à s'opposer au passage et à la ventè publique des esclaves procurés par la traite. On ne peut en empècher la continuation qu'en opposant des barrieres sur terre par l'entretien de petits corps armés suffisants pour mettre obstacle au passage des caravanes, comme le demandait Gordon pour l'Égypte, et comme je l'al proposé moi-même en Belgique pour le haut Congo; et, sur mer, par des croisières pour arrêter les boutres chargés de la marchandise impie. (Lettre de Mgr. le cardinal Lavigerie à S. M. le roi Lépold II.)
1L'état social de l'Afrique indigène étant fondé sur l'esclavage depuis des siècles, tout se trouverait jeté dans le chaos si on abolissait ainsi, en un jour, une organisation lamentable sans doute, mais cependant préférable au chaos (Lettre de Mgr. Lavigerie à S. M. le roi Léopold II.)
1Émile Daircaux. La vic et les mœurs à la Plata. Livre III, chap. II.
Notions fondamentales d’Économie politique et programme économique
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